Au vernissage de la Rétrospective d’Abderrahmane Rahoule à la Villa des arts de Casablanca, tout le beau de l’art était là. C’est à l’honneur d’un vétéran de la création plastique marocaine, reconnu depuis longtemps pour son apport distingué et sa présence médiatique. Rahoule, un personnage et une personnalité qui font à coup sûr l’unanimité.
Organisée à la Villa des arts du 12 mai au 30 juin 2016, la rétrospective donne la preuve de ce qu’a toujours été le grand talent de l’artiste sur les plans de la peinture, de la sculpture et de la céramique. Le tout conçu dans un esprit unaire, où la sensibilité aux formes et le traitement de la matière attestent d’une vigueur et d’une recherche maintenue.
On l’a suffisamment démontré, l’imaginaire pictural de l’artiste a toujours focalisé sur la vieille médina casablancaise (derb Soltane), dont l’architecture hétéroclite (voire accidentelle !) l’a marqué pour la vie. Il y a passé son enfance et en a gardé une mémoire visuelle singulière, dont il n’a de cesse d’exprimer les soubresauts et les résidus poétisés en termes de couleurs et de lumière. Un travail de souvenance où, symboliquement, l’artiste interpelle un vécu antérieur dans des compositions allusives comme un défi à l’altérité. Un vécu transformé en métaphores où cohabitent formes géométriques et lignes fluides.
Rahoule apparaît du fait comme le chantre d’une identité collective à sauvegarder, qui est fondement de l’être dans sa relation avec le patrimoine et l’histoire.
Dynamique, la notion de nostalgie n’est pas étrangère à cet univers, surtout au niveau des œuvres sculptées ayant trait à la Famille (thème majeur chez l’artiste). Une nostalgie qui «résonne» telle une fibre sentimentale et accorde la réception.
Cette rétrospective s’avère être la synthèse d’un parcours homogène et édifiant, une sorte de récit de vie transcendé par l’art d’un imaginatif resté fidèle à sa vision du monde et à ses exigences créatives.
Abderrahmane Benhamza
(critique d’art)