A. Lokhmiri: Le «bombardier» des Stades qui a fait du foot La raison de sa vie…

A l’occasion du mois sacré du Ramadan et à l’approche de la reprise des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 de football qui seront prochainement à la 3e journée de la phase des Groupes, dernier Cap avant de se rendre en Russie, pour les cinq pays gagnants du Continent dont le Maroc, nous vous proposons de revisiter ensemble le parcours decertains joueurs ayant accompagné l’équipe nationale dans ses 4 participations au Mondial, depuis les deux organisés au Mexique (1970-1986), puis aux Etats-Unis (1994) et en France (1998).

Lokhmiri dont le souvenir reste présent à sa ville Mohammedia, son stade Al Bachir et son équipe qu’il a bien aimée, le Chabab, n’a pas pu accompagner l’équipe nationale des Lions de l’Atlas aux Mondiaux 1970 et 1986 au Mexique, 1994 aux Etats-Unis et 1998 en France, mais il a tout simplement laissé ses traces là où il passe.

Feu Abdelkader Lokhmiri est l’une des grandes stars qui ont eu le mérite de marquer l’histoire du football marocain. Né en 1920, Lokhmiri avait une belle carrière de joueur professionnelle surtout en France jusqu’à la fin sa retraite en 1950 avant de se recycler en entraineur à la tête des clubs qu’il a chéri beaucoup, tels le Chabab Mohammedi, le Wydad Casablanca et d’autres où il exerçait son métier de fin technicien et de fou de football jusqu’à sa mort après plus de 80 ans…

Feu Lokhmiri a fait ses débuts dans les terrains vagues de l’Ancienne Médina à Casablanca avant la seconde guerre mondiale, au club de la Régie des Tabacs. Puis, il a intégré l’équipe du WAC du temps du Protectorat. Doté d’un tir lourd et fracassant qui n’a jamais eut de pareil et que tous les gardiens craignaient à partir des 60 m, Lokhmiri fut pour l’histoire, le 1er joueur du Wydad à avoir inscrit dans un seul match, un Hattrick (3 buts) dans les années 40.

Lokhmiri faisait partie de la génération du WAC ayant joué le premier match du club. C’était en septembre 1939 face à l’USM et qui s’est soldé par une défaite 2-1. Lokhmiri qui allait devenir le premier buteur de l’histoire du Wydad avec mention, évoluait dans une formation composée à l’époque  par Ould Aicha, Salem 1, Dumas, Kabbour, Hay, Duront, Mustapha, Abdelkader, Tanjié, Mbarek… et d’autres qui ont été dirigés par le grand technicien, LahcenTounsi, plus connu sous le nom de Père Jego, qui fut le co-fondateur de la section football et son secrétaire général de 1937 jusqu’à l’aube de l’Indépendance.

Mais la belle carrière de Feu Lokhmiri en sa qualité de joueur professionnel peut être considérée entre 1945 et 1950 en France. Attaquant époustouflant  et connu par ses tirs canonniers, ce joueur pas comme les autres, avait fait les beaux jours de plusieurs équipes françaises, Red Star FC (1945-1946),Stade Français (1946-1947),Girondins de Bordeaux (1947-1948), Toulouse FC (1948), AS Cannes (1948-1949), FC Sète (1949-1950). C’était un parcours des plus riches pour Lokhmiri qui a également évolué dans d’autres clubs français avant de passer à une autre expérience en Algérie où il fut entraîneur-joueur de l’équipe de Tlemcen. Pendant seulement une année, il a eu le mérite d’assurer à cette équipe la montée en première division. Ce fut une belle première consécration de Lokhmiri qui va exceller dans sa nouvelle mission d’entraîneur surtout dans son pays où il va réussir son retour pour diriger plusieurs équipes marocaines avec lesquelles il a dégusté la saveur de certaines performances dans plusieurs coupes du Trône, du Sahara, du Maghreb… sans oublier la participation honorable à la coupe Mohammed V avec le WAC, le premier club qui l’a déniché depuis son enfance au quartier de l’Ancienne Médina.

Durant sa carrière d’entraineurs de clubs au Maroc, il a formé plusieurs joueurs qui sont allés sur ses traces. Ayant été un grand attaquant, il a toujours valorisé le jeu offensif à outrance, ce qui lui a permis d’être à l’origine de l’éclosion de plusieurs joueurs de renom tels Haddadi, Hassan Acila et Ahmad Faras (Ballon d’Or africain en 1975). Ces deux derniers formaient un véritable duo homogène au Chabab et à l’équipe nationale… pour ne citer que ceux là.

Voilà en somme pour le parcours de Haj Abdelkader Lakhmiri, qui fait partie de l’histoire du football national, depuis les années 40 en tant que joueur, aux années 80 en tant qu’entraîneur de clubs et de la sélection nationale.

Si donc feu Lokhmiri fut le premier buteur-maison  du Wydad, aujourd’hui le club des Rouges ne marque que grâce à des joueurs africains qu’il recrute d’ici et de là tel le Libérien William Jebour, premier buteur du WAC et de la Botola de cette saison. Et ce n’est guère de la sorte que le club des Rouges va pouvoir avoir aujourd’hui une pensée à son premier buteur de l’histoire.

Car on ne peut guère oublier Feu Lokhmiriqui a toujours fait du football la raison de sa vie en foulant le gazon des terrains pour qu’il soit proche des joueurs, être à leur service et leur donner ses conseils même avec l’handicap de âge des plus avancés et même s’il était affecté par sa maladie jusqu’à sa mort…

Pour conclure, la mémoire de Feu Lokhmiri restera intacte puisque, lui aussi, n’a jamais cessé de citer les noms de ses ex-coéquipiers voire les noms des dirigeants, des amis et des journalistes sportifs qui l’ont accompagnés jusqu’à ses derniers jours.

Qu’en pensent tous ceux qui ont bénéficié des services de cet homme pas comme les autres…?

Rachid Lebchir

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