Anza-Agadir suffoque!

A quelques kilomètres au nord d’Agadir se blottit un ancien quartier sur le littoral. Ce bout de terre composé d’unités de la farine de sardine, d’une cimenterie, transférée par la suite à la commune d’Imi M’korn, dans la province de Chtouka Ait Baha, a attiré depuis des années une forte population ouvrière.

Cette activité industrielle, qui transformait ces lieux en quartier ouvrier permanent pris d’assauts par une main d’œuvre venue de plusieurs régions du pays, a donné naissance à des bidonvilles où logent ces pauvres dans de piètres conditions de promiscuité et d’insalubrité.

Cette agglomération intense en masures prolifère dans nombre de points mitoyens des usines de poisson et de la raffinerie de ciment, jusqu’au moment où on décida de mettre fin à cette profusion bidonvilloise. Ayant perdu leurs taudis dans des situations cruciales, les travailleurs ont rallié le Haut Taddart, un autre rassemblement avoisinant, pour y trouver refuge ou encore dans la périphérie de la capitale du Souss. Depuis donc les années cinquante, avant même le séisme d’Agadir, ces contingents d’habitants, tissés autour des conserveries, vivaient le calvaire des odeurs nauséabondes et asphyxiantes.

Des générations ont alors souffert des maladies asthmatiques dues aux fumées toxiques qui sont éjectées constamment des cheminées gazées, sans aucun système de filtration ni prévention d’hygiène. Des citoyens traînent à vie des séquelles de cellulose et en périssent à petits feux, sous l’effet de cette cruauté assassine. De même, la mer, continuellement polluée par les déchets déversés à outrance, en toute impunité, est contaminée à longueur de journée. Des canaux d’évacuation criminelle dans l’écosystème marin, sont étendus à découvert sur les plages où viennent se rafraîchir les enfants du quartier.

Actuellement, la société civile se fait entendre par des manifestations de colère et d’indignation, face à cette vie d’enfer. Les compagnies de transformation de poisson n’ont toujours pas rénové leurs usines et ne cessent de semer du poison dans les airs. Un sit-in de protestation a brisé ce mutisme affligeant, en pointant du doigt le silence des responsables et l’entêtement des patrons à employer des moyens déplorables. Il est donc grand temps de libérer ces populations de ces malheurs écologiques qui frappent les citoyens de plein fouet, suffoquent leur respiration et enveniment les eaux de mer.

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