«Au pays des merveilles» raconte l’histoire d’un Maroc profond et enclavé

L’avant première du premier long métrage de la réalisatrice Jihane El Bahhar, intitulé «Au pays des merveilles», a été projeté le mardi 14 mars, au Megarama Casablanca, en la présence d’une pléiade d’artistes. Le film raconte l’histoire d’une femme bourgeoise, snob et prétentieuse, que les événements ont poussé à partager la vie d’une famille modeste dans les montagnes du Moyen Atlas où les conditions de vie sont difficiles et le quotidien pénible. Le film a été tourné à 80 kilomètres de la ville d’Azrou. Dans les coulisses de cette avant première, Al Bayane a rencontré son réalisatrice Jihane El Bahhar.

Al Bayane : Comment avez-vous vécu cette première expérience cinématographique?

Jihane El Bahhar : Une expérience pertinente et enrichissante, que cela soit au niveau de l’écriture du scénario, ou du tournage.

En effet, j’avais l’habitude d’écrire en solitaire, mais j’ai senti le besoin d’écrire en collectivité pour ce film. L’écriture de ce scenario était véritablement différente en collaboration avec Rachid Hamman et Jamal El Khanoussi qui sont de très bons scénaristes ! L’écriture de ce film était intéressante dans le sens, ou nous avions chacun, un regard différent de l’autre.  Cette différence nous a permis au fur et à mesure de l’écriture d’avoir du recul, notamment des moments de réflexions profondes pour un meilleur résultat.

Pour, les conditions du tournage, qui s’est étalé sur quatre semaines dans la région d’Azrou, ont été très difficiles en cette période où les conditions climatiques étaient sévères et bien évidement en l’absence d’infrastructures dans ce Maroc profond et enclavé c’était dur.

Comment avez-vous choisi le sujet, notamment les acteurs de ce film?

Le sujet du film s’est exigé suite à mes nombreuses lectures à des écrits et reportages journalistiques de mon mari Jamal El Khamisi. Les difficultés que vivent ses gens dans des endroits isolés à cause de plusieurs facteurs m’ont révolté. Depuis, j’ai décidée de mettre en lumière ses gens à travers mon savoir faire ; raconter leurs souffrances et leurs histoires à travers le grand écran.

Pour le choix des acteurs, il s’est naturellement pendant l’écriture du scénario que cela soit pour Majdouline Idrissi, Aziz Dadas, Mohamed Choubi, Malek Akhmiss, Houda Sidki et Fadwa Taleb.

Quel message voulez-vous véhiculer à travers ce film?

A travers ce film, j’ai essayée de lever le voile sur la souffrance des habitants de ce Maroc profond, dans les montagnes de l’Atlas, à travers une approche comique qui porte à l’écran les conditions climatiques dures et glaciales avec une absence des infrastructures basiques dans cette région. Le vrai but derrière ce film est de suscite chez le spectateur des émotions et nourrisse des sentiments positifs qui vont le pousser à la réflexion et à la méditation. D’où l’intitulé du film «Au pays des merveilles» qui nous rappelle que nous vivons dans un pays éclaté avec des coins reculés où règnent les disparités et les contradictions.

Omayma Khtib

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