Crise de la Samir: Rien que de la garantie de l’Etat!

«On ne peut pas concevoir un nouveau modèle de développement sans un véritable projet d’industrialisation», a souligné le coordinateur du Front syndical de la Samir, Houcine El Yamani, lors d’un  sit-in organisé par les salariés, vendredi 21 février devant la société de raffinage à Mohammedia.

Les manifestants, venus en grand nombre,  ont scandé des slogans dénonçant le mutisme de l’Exécutif tout en sillonnant des centaines de mètres arborant une grande banderole, en y appelant à une reprise immédiate des activités de l’entreprise.  Pour le numéro du Front syndical,  le dossier de la Samir se situe aujourd’hui à la croisée des chemins et il est urgent que les responsables fassent preuve de sérieux, sinon il sera trop tard, déclare-t-il au journal Al Bayane.

Le militant syndical s’est interrogé ainsi  sur le silence accablant des autorités publiques, un silence qui  relève, insiste-t-il,  d’un blocage incompréhensible avant de mettre l’accent sur le fait que la responsabilité revient, en premier lieu, au gouvernement d’El Othmani, qui s’est défait de ses prérogatives en se cachant derrières les prétextes juridiques. Il faut dire selon notre interlocuteur, que le Code de commerce dans son étant actuel a trouvé ses limites et ne permet point de résoudre efficacement le problème, estime-t-il.

En termes plus clairs, le dossier a épuisé tous les étapes de juridiction et l’Etat doit intervenir pour trouver une solution afin d’éviter la catastrophe.

Cela étant, l’effondrement de la Samir est synonyme de la faillite de tout un écosystème économique, soit 1400 entreprises et  environ 2000 ingénieurs et techniciens hautement qualifiés seront condamnés au chômage… Une telle situation, ajoute-il, montre les fausses promesses de l’Etat en matière d’encouragement de l’investissement et la valorisation de l’employabilité.

En fait, depuis la libéralisation du secteur, les prix des hydrocarbures n’ont cessé de monter faisant ainsi le bonheur de certains opérateurs cupides, en réalisant des gains excessifs, soit 1 milliards de DH de plus annuellement, dixit le responsable syndical.

Qui plus et à titre d’exemple,  depuis la cessation des activités de l’entreprise, le prix du bitume a été décuplé, contraignant les opérateurs économiques à recourir à l’importation, ce qui engendre une facture salée, clarifie-t-il.  Sachant que le Royaume était auparavant un exportateur par excellence de ce produit qui fut de très bonne qualité. Abondant dans le même ordre d’idées, Houcine El Yamani a indiqué qu’environ une quarantaine d’opérateurs se sont présentés pour l’acquisition des actifs de l’entreprise, dont plusieurs ont manifesté un intérêt sérieux, mais en vain.

Et pour cause, «l’attitude de l’Etat envers ce secteur demeure ambigüe et il suffit que l’Etat  clarifie sa position quant au devenir de  secteur et ce en rassurant les investisseurs, le dossier de la Samir serait résolu dans 48 heures», note-t-il en substance.

Khalid Darfaf

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