journal albayane

Travailleurs immigrés au Maroc PDF Imprimer Envoyer
Respect des droits humains et socio-économiques

L
a scène syndicale marocaine se diversifie. La présence des travailleurs immigrés subsahariens au Maroc se consolide. Après une première participation en  2012 au traditionnel défilé du 1er Mai à Rabat aux côtés de l’Organisation démocratique du travail (ODT), les travailleurs immigrés scanderont encore en cette fête du travail le slogan pour la défense de leurs droits :
«Nous aimons le Maroc, nous travaillons au Maroc, respectez nos droits humains et socio-économiques».
La participation des immigrés subsahariens au défilé prévu ce mercredi se singularise de celle de l’année dernière. Elle commémore le 1er défilé de l’Organisation démocratique des travailleurs immigrés au Maroc à l’issue d’une première année d’existence en tant que premier et unique syndicat des travailleurs immigrés en Afrique et dans le monde arabe.
L’Organisation démocratique des travailleurs immigrés (ODT-TI) au Maroc, sous la direction de Marcel Amiyeto, a lancé un vibrant appel  de mobilisation à tous ses adhérents, travailleurs et travailleuses immigrés de tous les secteurs professionnels pour qu’en ce 1er Mai les rangs de l’ODT-TI foisonnent de travailleurs dans l’objectif d’exprimer haut et fort les revendications des travailleurs immigrés au Maroc.
La situation de nombreux travailleurs immigrés au Maroc est précaire. Plusieurs d’entre eux : enseignants, médecins, boulangers exercent professionnellement, mais dans des conditions illégales car  n’ayant pas de visas de travail. D’autres encore travaillent dans des conditions lamentables : sans autorisation de travail, sont victimes de licenciements abusifs, de sévices corporels voire d’exploitation, précise le communiqué de l’ODT-TI. Ces situations inhumaines perdurent malgré les réformes apportées par la constitution de 2011 en matière de respect des droits des travailleurs migrants et la ratification de la Convention pour la protection des droits des Travailleurs migrants et des membres de leurs familles.
Le défilé du 1er Mai apparait donc comme l’occasion idoine pour  ces travailleurs migrants de pointer du doigt les réformes constitutionnelles, les conventions internationales ratifiées par le Maroc afin de légitimer leur slogan « Nous aussi, nous avons des droits. »  Cette participation solennelle vise aussi à solliciter «  tous les épris (e)s de justice et les démocrates du Maroc, des pays africains et du monde afin de soutenir l’épineuse démarche de régularisation des  sans-papiers  au Maroc et dans tous les pays du Maghreb. », déclare le secrétaire général de l’ODT-TI.  
Brandissant des banderoles, des pancartes de couleur rouge, symbole de l’ODT et du sens du sacrifice et de l’abnégation, les travailleurs subsahariens s’engagent en cette 127e édition de la fête du travail pour le changement du statut de l’immigré, non pas seulement au Maroc, mais partout ailleurs.