Le compromis de la commission mixte 6+6, une étape importante dans le processus de règlement de la crise libyenne

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des MRE

Les conclusions de la réunion de la commission mixte (6+6) chargée par la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État libyens de l’élaboration des lois électorales pour les législatives et la présidentielle en Libye constituent une étape importante dans le processus visant à trouver une solution définitive à la crise libyenne, a affirmé, dans la nuit de mardi à mercredi à Bouznika, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, notant que le dialogue a abouti à un compromis sur l’organisation des élections législatives et présidentielle.
Dans une allocution lors de la séance de clôture des travaux de la commission, qui se sont poursuivis pendant deux semaines, M. Bourita a précisé que cette étape peut être décisive si elle est accompagnée pour la mise en oeuvre des compromis, la Chambre des Représentants et le Haut Conseil d’Etat libyens étant les seuls habilités à se prononcer sur les questions liées à l’organisation des élections, notant que les deux instances libyennes ont accompli, dans le cadre de la commission 6+6, les missions qui leur ont été attribuées par l’accord politique signé à Skhirat en 2016.
Saluant l’esprit de responsabilité des membres de la commission tout au long des échanges, le ministre, qui prenait part à cette séance de clôture aux côtés du membre de la Chambre des représentants, Jalal Shwehdi, et du membre du Haut conseil d’État, Omar Abu Lifa, a estimé que la présence à ce dialogue des présidents de la Chambre des Représentants et du Haut Conseil d’Etat libyens, Aguila Saleh et Khaled Al-Michri, a contribué positivement à l’avancement des discussions et à l’identification de perspectives prometteuses en vue de parvenir à davantage de compromis.
Portant sur les questions principales liées à la préparation des élections, ces compromis ont placé l’intérêt de la Libye et les bonnes pratiques en matière d’organisation de scrutins au centre des préoccupations, à même d’organiser des élections globales basées sur des critères précis, dont les résultats seront acceptés de tous, a-t-il poursuivi.
M. Bourita a également relevé que ces discussions ont été marquées par l’examen des problématiques liées à la réalité libyenne qui nécessite de l’innovation, de par la conviction des intervenants que les élections sont une étape importante pour sortir la Libye de l’impasse.
Le ministre a par ailleurs fait savoir qu’il sera procédé à la signature officielle de ces lois dans les jours à venir, soulignant que les compromis entre les parties libyennes nécessitent un accompagnement en vue d’apporter davantage de précisions à certaines questions et de s’accorder sur certains détails en vue d’une mise en œuvre harmonieuse de ces lois.
L’objectif de l’accord ne sera pas atteint si celui-ci n’est pas accompagné d’une réelle volonté politique visant l’application de ces dispositions, a-t-il soutenu, faisant part de son souhait que ces lois soient un début du processus d’organisation des élections, du règlement de la question de la légitimité en Libye et de mise en place des institutions légitimes qui oeuvrent en faveur des Libyens et de la préservation des intérêts du pays.
Le Royaume, sur Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, a veillé, encore une fois, à assurer une plateforme de dialogue aux frères libyens loin de toute pression ou perturbation afin de trouver les compromis qui servent les intérêts de leurs pays, a poursuivi M. Bourita.
Le Maroc a l’ultime conviction que les élections sont la seule solution à la crise en Libye, que le processus électoral ne peut réussir sans l’implication de tous les Libyens, et que cette solution ne peut provenir que des Libyens eux-mêmes, a-t-il rappelé, faisant part de la volonté du Royaume d’abriter tous les dialogues libyens.
La commission mixte « 6+6 », chargée par la Chambre des représentants et le conseil d’État libyens de préparer les lois électorales, avait annoncé lors de cette cérémonie de clôture de ses travaux, que ses membres sont parvenus à un compromis au sujet des lois régissant les élections présidentielle et parlementaires prévues en fin d’année.
Le Royaume du Maroc poursuit ses efforts en vue de trouver une solution définitive à la crise libyenne de sorte à garantir l’unité, la stabilité et le progrès de la Libye, en soutenant ses actions visant à organiser des élections dans un cadre global, inclusif et pragmatique.
Ce pays maghrébin mérite davantage de mobilisation, d’accompagnement et de soutien, parce qu’une Libye stable constitue une valeur ajoutée au monde arabe et à l’intégration maghrébine, a fait savoir M. Bourita, précisant que les menaces qui planent sur la région nécessitent des efforts plus amples pour faire de ce qui a été convenu à Bouznika aujourd’hui le lancement d’un processus électoral réussi.
Par ailleurs, il a rappelé que le Maroc estime que l’Onu, en la personne de son envoyé spécial, Abdoulaye Bathily, joue un rôle essentiel dans l’accompagnement du règlement de la crise libyenne en vue d’atteindre les objectifs escomptés.
La réunion de Bouznika s’inscrit dans le prolongement de la série de rencontres qu’abrite le Royaume, réunissant les différentes parties libyennes en vue d’approfondir le dialogue sur les voies et moyens à même de mener au règlement de la crise dans ce pays, suivant une approche qui fournit l’espace idoine pour le dialogue et la concertation constructive.
Ces réunions avaient donné lieu à d’importants accords favorables au processus de règlement, à leur tête l’accord de Skhirat (2015), l’accord entre le président de la Chambre des représentants, Akila Saleh, et le président du Haut Conseil d’État libyen, Khalid El Machri en octobre 2022 sur la mise en œuvre des résultats du processus de Bouznika concernant les postes de souveraineté et l’unification du pouvoir exécutif.
Le Maroc considère que le règlement de la question de la légitimité en Libye ne peut avoir lieu qu’à travers des élections présidentielle et législatives qui permettront au peuple libyen de choisir à qui confier le pouvoir de la gouvernance politique dans le pays.

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