Le PPS et la Loi de Finances 2020


Lablak: Le PLF20 déçoit par son incapacité de répondre aux attentes des citoyens

A part certaines dispositions «acceptables», le Projet de Loi de Finances 2020 est «incapable d’apporter des réponses aux attentes et aux aspirations des citoyens», qui espéraient voir le remaniement gouvernemental se traduire par une amélioration du rendement de ce gouvernement «réduit», a affirmé la présidente du Groupement parlementaire du progrès et du socialisme à la Chambre des représentants Aicha Lablak.

Intervenant lors de la séance plénière consacrée mercredi 13 novembre par la Chambre à  la discussion générale relative au Projet de loi de finances 2020, la députée a déploré dans ce cadre l’absence dans le projet de toute tendance réformiste du gouvernement, dont le chef n’a présenté aucune déclaration gouvernementale devant le parlement, à la suite du remaniement gouvernemental.

Le PLF 2020 évite en effet de présenter des réponses pratiques aux phénomènes de l’inquiétude croissante au sein de la société, résultant d’un ensemble des  dysfonctionnements politiques, économiques et sociaux, explique-t-elle.

Il est de ce fait «loin de donner lieu à de nouvelles orientations ou à une nouvelle étape», comme il ne comporte concrètement aucun élément de réponses aux questions fondamentales que se posent les différentes couches sociales dont en premier la question de la confiance sociétale et institutionnelle, la question de la croissance économique, le problème de la création de l’emploi ou encore celui de la répartition sociale et spatiale équitable de la richesse.

Ce sont en fait tous ces questionnements et d’autres qui avaient poussé le Parti du progrès et du socialisme à choisir en toute indépendance de quitter ce gouvernement, qui semble être démuni de toute «vision stratégique audacieuse» susceptible de lui permettre de satisfaire les besoins croissants des habitants dans les domaines de la santé, de l’enseignement, de la lutte contre l’enclavement et la marginalisation des zones rurales et reculées etc. Le gouvernement est aussi incapable de satisfaire les attentes sociales relatives au développement et à la justice sociale et spatiale.

C’est ce qu’illustrent notamment l’impact limité de l’investissement public sur le niveau de vie des habitants et l’échec des stratégies sectorielles, qui ont coûté très cher au pays.

L’échec du PMV et du PAI :

Selon la présidente des députés (es) du PPS, le plan Maroc Vert a vu sa participation au Produit intérieur brut chuter de 13% en 2017 à 2,1% en 2019. Quant au plan d’accélération industrielle, qui devait selon ses initiateurs, constituer une locomotive du décollage économique du pays, il a vu sa part osciller entre 3 et 3,5% seulement. Pire encore, il n’a réussi à créer au cours des dernières années que quelque 35.000 postes d’emploi, sachant que le marché d’emploi accueille chaque année environ 200.000 chercheurs d’emploi.

C’est ce qui explique en partie, pourquoi les Marocains enregistrent dans la région le taux d’activité le plus faible en particulier dans les rangs des femmes dont leur taux d’activité a baissé de 32% à 24%, précise Lablak.

C’est pourquoi, il est indispensable de mettre en œuvre les hautes orientations royales contenues dans les derniers discours du Souverain appelant le gouvernement et les établissements financiers à œuvrer pour contribuer à la création des opportunités d’insertion professionnelle et économique et à la facilitation du financement des projets portés par les différentes couches sociales et en particulier les jeunes universitaires et les travailleurs du secteur informe. Ce qui requiert des banques une plus grande implication pour assumer leurs responsabilités dans l’œuvre du développement du pays et de ne plus se contenter d’accumuler les bénéficies qui ont atteint quelque 11 milliards de Dirhams pour la seule année de 2018, ajoute-t-elle.

Les amnisties fiscales consacrent la culture de l’impunité dans la durée et portent un coup dur à l’Etat de droit

Commentant les dispositions du PLF 2020 intitulées respectivement «régulation spontanée au titre des avoirs et des liquidités détenus à l’étranger» et «régulation spontanée de la situation fiscale des assujettis à l’impôt», la présidente du GPPS a indiqué que ce sont là des mesures «inadmissibles» car elles « vont à l’encontre des actions devant être entreprises pour consolider l’Etat de Droit et de la légalité outre les pratiques démocratiques et économiques saines». Une telle dérive est de nature à «légaliser des activités illicites», à «consacrer inéluctablement davantage la culture de l’impunité» et à «encourager davantage de pratiques d’évasion fiscale et de fuite des capitaux», selon Lablak.

Elle n’a pas manqué aussi de faire état des inquiétudes de son groupement relatives au transfert par le gouvernement de certains Centres hospitaliers universitaires pour financer le budget de l’Etat, une mesure qui risque de signer la mort de ce qui reste du service public social, a-t-elle martelé.

Outre les projets d’amendements qu’il a présentés pour améliorer le contenu du PLF 2020, note Lablak, le Groupement parlementaire du progrès et du socialisme insiste sur l’impératif de procéder, sans plus tarder, aux réformes requises pour redonner espoir aux citoyennes et citoyens, créer de la richesse et de l’emploi, booster le développement, réaliser davantage de justice fiscale, sociale et spatiale et assurer aux habitants de meilleures conditions de vie dans la dignité, la sécurité et la stabilité dans leur pays.

M’Barek Tafsi

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