L’enfance, cette laissée pour compte!

Que fait-on pour l’avenir des enfants? Pas grand-chose, malheureusement! La population marocaine est encore jeune. Elle est le garant sur lequel comptera la nation. Mais, ce gisement qui germe et fermente, à grandes enjambées, semble se faner à fleur d’âge.

On ne s’attelle pas suffisamment pour lui pérenniser un enseignement de qualité, lui maintenir un emploi adéquat à la formation reçue, lui assurer une vie décente, au sein d’un cadre de vie commode…L’enfance est proie à la perversion, dans les quartiers insalubres et les rues prédatrices.

Elle a le cafard à moisir dans l’oisiveté servile, à broyer du pain noir, à attendre le salut vain… À quoi serviraient les «bâtiments» du monde, si les enfants de demain n’y logent pas dans la dignité ? Quel son de cloche serait-il retenti au service de toutes ces générations montantes qui empliront le pays, dans peu de temps ? Comment conçoit-on le dessein de cette jeunesse qui déferle sur le quotidien de la ville comme du village, pleine de rêves et d’ambitions?

Elle qui ouvre les yeux sur le monde, sur les inventions, sur les exploits. Elle qui ne se satisfait guère de ce que les politiques publiques lui ont proposé, durant ce laps de temps de sa naissance à aujourd’hui. Elle qui n’a pas beaucoup confiance de ce que présente la classe qui détient les pouvoirs et dicte son devenir…

Elle qui s’illusionne de voir que même la science le trahit, puisque, dès son bas âge, elle lui promet monts et merveilles, une fois grandie…Fyodor Dostoyevski, l’auteur du fameux recueil «Les frères Karamazov», disait un jour: «Toute la science du monde ne vaut pas les larmes des enfants!». Combien de larmes coulent-elles des yeux de nos enfants, chaque jour, dans les cités en perpétuel péril de la dérive ou dans les prairies frappées par la férocité de la nature et la désinvolture des décideurs?

Le Maroc néglige son enfance et paiera cher cet odieux impair ! Il a tout intérêt plus que jamais et n’importe quoi au monde à commencer par le prélude, car chaque chose a un début et on aura toujours tort de vouloir commencer par la fin. Il aura à s’occuper comme il se doit de l’éducation de ses enfants, à se focaliser sur leur santé, à leur trouver le job qui convient à leur instruction, leur fournir les espaces d’épanouissement, à leur apprendre à faire usage de leur cervelle à analyser, discerner, évaluer…

Et puis, notre pays se devra d’aimer ses enfants et de les aduler pour leur faire aimer, en retour, l’appartenance à la patrie, en être fiers et surtout les faire dissuader à ne pas quitter le bercail, là où ils sont nés, ont grandi et siroté le thé et savouré la cuisson de leurs mères. C’est à ce prix là qu’on cesserait de ressasser, une fois pour toutes, que «les enfants sont les adultes de demain», sans faire quoi que ce soit pour que les dires passent réellement au concret.

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