Livre Paris: regards sur les lettres marocaines

«Livre Paris» attire depuis jeudi soir de plus en plus de visiteurs, admirateurs des livres et de littératures mondiales. Et bien évidemment, le Maroc y participe avec une programmation pour assouvir tous les goûts. Une programmation qu’animent une constellation d’écrivains et d’intellectuels marocains, venus croiser les regards sur la littérature et les arts.

A «Hiwar» par exemple, espace du pavillon du Maroc, une rencontre sur la littérature marocaine a réuni vendredi les deux écrivains, Abdellah Baida et Jean Zaganiaris. Intervenant lors de cette rencontre, le romancier et critique littéraire Baida a mis les lumières sur les lettres marocaines et ses débuts. Selon lui, les écrits, à l’époque, reflétaient une représentation de la réalité ; faisant référence à la «Boite à Merveille» de Ahmed Sefrioui et l’ouvre de Driss Chraibi. Une deuxième tendance de l’écriture et de littérature marocaine a vu, selon lui, le jour après l’Indépendance. Une écriture qui avait passée, d’après lui, de l’imitation à l’engagement et qui a connu son émergence dès les années 60 avec une vague de jeunes écrivains très actifs et engagés dans la revue «Souffles». Des jeunes entre 20 et 24 ans jouissant d’une conscience politique et intellectuelle. Dans le même sens, il a fait référence à une troisième phase des lettres marocaines : celle de l’expérimentation individuelle.  Dans cette optique, on y trouve, souligne l’intervenant, des écrivains qui avaient exploité le patrimoine dans le roman, l’émergence des écritures féminines, ainsi que les écrits des écrivains qui ont vécu « les années de plomb ».  Ces derniers ont abordé, a-t-il dit, des sujets par l’usage du «Je» et non du «Nous» de la société ; surtout dans la fiction et la poésie. A la fin, Abdellah Baida a évoqué ce rapport à la langue française qui est un rapport pacifique dans une époque où, pourtant, pour quelques-uns, la langue était une arme. «J’ai un rapport pacifique avec cette langue. C’est un choix individuel avec une présence sous-jacente du Maroc», a indiqué Baida.

Quant à l’écrivain et sociologue Jean Zaganiaris, il a mis l’accent sur certaines tendances à savoir, l’expérimentation individuelle qui met en valeur un patrimoine important, ainsi que cette dimension sociologique comme démarche de travail sur la littérature marocaine contemporaine. Le chercheur a fait référence à sa démarche de recherche sur le roman marocain contemporain à travers les pratiques sociales, notamment celle du Genre, des entretiens avec les écrivains en rassemblant leurs idées et opinions sur l’acte d’écrire, l’écriture et la société, ainsi qu’à travers les rencontres publiques où les écrivains se confiaient sur leurs personnages, les scènes et leur rapport avec la société et l’écriture.

Mohamed Nait Youssef

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