Un regard certain sur le monde

Peut-on expliquer le monde, encore moins  le comprendre  à travers la poésie et la force du verbe? Dans son dernier recueil de poésies intitulé «Simples pistes pour comprendre le monde» paru en Égypte chez General Egyption Book Organization, le poète  marocain Ali Azhaf se livre aux mots, aux vers, aux  paroles libres qui s’en volent dans les cieux à la fois calmes,  tourmentés et instables du poème, de l’écriture.

Le monde est-il si facile à le comprendre? Dans son poème inaugural du recueil « parcours », Ali entame  une quête de soi dans le monde. Partir ou rester ? Rester ou partir ? La question revient à l’esprit à chaque fois en fouillant dans les mots et en allant au-delà des mots. L’idée du voyage et d’explorer d’autres territoires et espaces géographiques domine le texte.

Les batailles menées dans le monde sont nombreuses avec des défaites, des amours, les hauts, les bas…et puis, seule la langue poétique est capable de panser tous les maux et illuminer les zones sombres de l’être. «J’ai une seule ombre» est le titre d’un autre poème où le poète révèle ce rapport de l’Homme avec son monde, l’amour, le corps, son double, sa terre et ses angoisses.

La langue suffit-elle alors pour comprendre le monde? Dans «Simples pistes pour comprendre le monde», le poète interroge de destin de l’homme des temps modernes face à une fatalité certaine et compliquée : la mort, mais aussi face à son essence réduite à un chiffre manipulé.

L’image poétique relève d’une ontologie directe,  celle du poète. A vrai dire, chaque image poétique nous plonge dans les états d’âme du poète qui se nourrit dans la solitude, l’écriture, l’ombre et la lumière.

Le recours du poète aux éléments de la nature, à savoir la terre, l’air, le ciel, l’eau, les nuages, le soleil… est là non seulement pour poétiser ses textes, mais aussi pour extérioriser son ressenti et apporter des réponses aux  questions ontologiques qui l’habitent. Dans l’étrangeté comme dans la solitude, l’humain se résume à une parole, à la langue. Cette langue qui n’est autre chose que sa première et dernière demeure.

Mohamed Nait Youssef

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