Le marché russe tente le Maroc

Après des années de tergiversation, les décideurs du tourisme marocain sont en passe de se rendre à l’évidence. On ne peut indéfiniment compter sur des marchés traditionnels, en pleine phase d’essoufflement. Dans cette optique de diversification, le marché russe semble constituer une réelle cible pour leur nouvelle conquête. Avec ses 16 millions de touristes qui sillonnent les diverses destinations de la planète, la Russie émerge en débouché de choix dans cette cavalcade galopante des voyages.

Récemment, dans les locaux du département de tutelle, on s’affaire pour mettre la main sur l’ours en perpétuelle émergence. Des mesures d’adaptabilité à cette opération d’envergure est déjà en cours d’examen profond et porteur. Pour la première fois, il est vraisemblablement question d’une desserte directe en provenance de Moscou vers Agadir, via Marrakech. Une belle prouesse pour la redynamisation de station balnéaire de la capitale du Souss, en chute libre, ces derniers temps.

Dans le même sillage, on appréciera la réactivité positive de l’office national des aéroports (ONDA), en termes d’accompagnement et de facilitation en direction des compagnies aériennes. De même, l’office national marocain de tourisme (ONMT) s’attellera à des opérations de communication et de marketing intensives, en vue de vendre l’offre marocaine dans des conditions optimales. D’autant plus que les russes sont réputés pour être exigeants sur la qualité de la prestation, mais également épicuriens, dépensiers et bons vivants, avec en moyenne d’environs 8500 dirhams par personne pour chaque voyage.

Il serait loisible de répondre à cette demande insistante du marché russe, d’autant plus que, selon un communiqué rendu public par le ministère du tourisme, le taux de retour des touristes de la Fédération de Russie est manifestement congru, avec plus de 97%. Cependant, la balle est bel et bien, dans le camp des opérateurs du tourisme à Agadir, si l’on sait que les structures hôtelières ne sont pas, pour la plupart, en mesure d’honorer les engagements, du moins dans l’état actuel. Les différents services prestataires ne sont non plus, au beau fixe dans une destination qui beaucoup perdu de son lustre, il y a des lustres. Comment alors s’y prendre devant un tel dilemme ? Le conseil régional du tourisme (CRT) d’Agadir tient une réunion, hier encore dans le palace de son président, pour justement sauver les meubles, face à cette nouvelle opportunité. Rien de rassurant, du moins dans l’immédiat, avec une kyrielle d’hôtels à rénover, une myriade d’habitudes à bannir, d’un contingent de personnel à former…

Les russes qui affichent un fol attachement à l’azur, ne badinent jamais avec l’approximation. Du pain sur la planche pour les intervenants du tourisme, toutes obligations confondues…

Saoudi El Amalki

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