Suzuki GT 550: Histoire d’un Samouraï

Belle et habillée d’un kimono taillé sur mesure, la nipponne Suzuki GT 550 est, sans aucun doute, l’une des stars de l’univers moto des années 70. Outre les performances de sa mécanique, soit une puissance de 50 ch pour une consommation relativement modérée, sa base roulante lui procure une excellente tenue de route.

Suzuki s’est attaquée, au début des années soixante-dix aux marchés japonais et internationaux, entre autres au Maroc, avec un nouveau joker : la GT 550. Cette moto a été le seul modèle de Suzuki en mesure de croiser le fer avec la doyenne de son segment, la Kawasaki 500 Mach III. Certes, elle bénéficie d’une mécanique assez proche de sa concurrente (3 cylindres, 2 temps), mais les performances sur l’asphalte sont bien différentes. Eh oui ! Si la GT 500 fait preuve d’un équilibre et un confort excellents, la kawa revendique plutôt son caractère plus sportif.

Une mécanique novatrice

Visuellement, le caractère routier de la GT 550 a été accentué par la présence de 4 pots d’échappement. L’échappement du cylindre central se divise en deux pots, ce qui se traduit d’un parfait équilibre esthétique de la machine, pour mieux venir chasser sur les terres des 4 pattes Honda.

Novatrice, la 550 dispose d’un système de refroidissement à air dynamique pour la culasse monobloc. Si les moteurs à deux temps perdent de la puissance après que le moteur ait atteint sa température critique, Suzuki a utilisé un nouveau système de son coureur à deux cylindres de 500 cc à deux temps, le T500, nous confirme Jamal, un mécanicien passionné des motos de collection. Il ajoute que ce dispositif se distingue par un carénage en aluminium en deux pièces boulonnées à la culasse pour canaliser l’air ambiant sur l’aileron de la culasse. La partie centrale de la tête avait une surface d’aileron accrue et une zone d’entrée plus grande du carénage afin de maintenir le cylindre central à la même température que les cylindres extérieurs.

Suzuki Recycle Injection System (SRIS) a été, par ailleurs, une solution efficace pour réduire les émissions visibles d’une motocyclette à deux temps. Les moteurs à deux temps ont tendance à accumuler de l’huile non brûlée et du carburant dans le fond de la chambre de manivelle au ralenti.

Lors d’une accélération, après une période de ralenti, l’huile et le carburant pas encore brûlés sont aspirés vers le haut, ce qui crée une boule de fumée à partir de l’échappement. Le système SRIS permet d’acheminer le carburant non brûlé et l’huile vers le cylindre suivant dans l’ordre d’allumage et d’abaisser ainsi la production de fumée visible. La consommation globale de carburant et d’huile est restée inchangée, mais la fumée visible a été considérablement réduite en cas d’accélération soudaine.

La machine fut d’abord conçu au début avec des freins à tambours modèle J. En 1973, le tambour avant fut remplacé par un frein à disque sur le modèle K.

Deux ans après, la Nipponne a révisé sa mécanique de fond en comble (le cadre et la fourche…), alors que les échappements sont relevés afin d’offrir une meilleure garde au sol.

Finalement, la 550 GT a honorablement assumé son rôle historique en permettant au manufacturier Suzuki de lancer de nouvelles technologies plus performantes tout en se positionnant sur un nouveau marché.

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