La justice marocaine acquitte l’activiste espagnole, Helena Maleno

La militante espagnole était poursuivie pour trafic d’êtres humains et avait fait l’objet d’une enquête, initiée par la police espagnole puis confiée à la justice marocaine, pour sa «collusion avec des trafiquants», alors qu’elle avait aidé à sauver des centaines de migrants de la noyage dans le détroit de Gibraltar.

Après l’audience en appel, «le tribunal marocain a affirmé qu’il n’y a aucune preuve d’un crime contre Maleno», précise un communiqué de l’association Walking Borders (Caminando Fronteras), spécialiste des alertes sur les embarcations en perdition entre le Maroc et l’Espagne.

Sur les réseaux sociaux, Maleno a annoncé dans une vidéo la fin de son «calvaire judiciaire» qui traîne depuis des mois. «Aujourd’hui, le cauchemar qui a commencé en 2012 s’arrête. Cela a commencé avec une enquête de la police espagnole des frontières, qui a ensuite demandé au Maroc d’enquêter sur moi», affirme-t-elle.

La migration clandestine entre le Maroc et l’Espagne

L’intensité de la migration clandestine entre le Maroc et l’Espagne est un phénomène qui se justifie principalement par la proximité géographique. D’ailleurs, la frontière entre l’Espagne et le Maroc est l’une des plus courtes du monde.

Durant plusieurs années, des migrants marocains sont venus en masse s’installer en Espagne. Ainsi, ils représentaient 13,6 % de la population totale en 2013. En 2018, l’Espagne est devenue le premier pays européen en matière d’accueil de migrants en Europe.

Jusqu’au 31 octobre 2018, 53 382 migrants clandestins sont arrivés en Espagne, d’après le ministère de l’intérieur espagnol. 564 sont morts ou portés disparus, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dans leur grande majorité (98 %), les migrants en situation clandestine proviennent du Maroc et ont débarqué sur les côtes de l’Andalousie.

Le Maroc, principale porte d’entrée vers le rêve européen

Pour arriver en Europe, les migrants en situation clandestine choisissent le chemin le plus court, celui qui les amène en Espagne via la Méditerranée. Il s’agit du détroit de Gibraltar qui ne sépare les deux pays que de 14 kilomètres. Ainsi, la route migratoire marocaine est devenue la plus empruntée par les candidats à la migration clandestine vers l’Europe.

Les entrées de migrants en Europe via le Maroc ont explosé depuis le début de l’année 2018. Entre janvier et fin septembre, le Maroc a arrêté 68.000 tentatives d’immigration clandestine et démantelé 122 réseaux criminels actifs, selon un bilan officiel. Il Maroc est considéré par l’Espagne comme l’acteur fondamental en matière de contrôle de la migration et de lutte contre l’immigration clandestine.

«Le Maroc est un pays sûr, un pays avec lequel nous sommes en train de collaborer -dans plusieurs domaines- et, pour nous, il est logiquement un pays fondamental en matière de contrôle de la migration», a affirmé le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

Ainsi, l’Espagne plaide depuis des mois pour que l’Union européenne débloque des aides à destination du Maroc afin de mieux gérer les flux migratoires clandestins. A noter qu’en juillet 2018, la Commission européenne avait approuvé trois nouveaux programmes relatifs à la gestion des frontières et à la migration en Afrique du Nord, pour un montant total de 90,5 millions d’euros. Une grande partie de ce montant a été destinée au Maroc. 55 millions d’euros devaient en effet être alloués au programme de gestion des frontières du Maghreb afin de coopérer avec le Maroc et la Tunisie.

De plus, 6,5 millions d’euros supplémentaires étaient destinés à appuyer la stratégie nationale du Maroc en matière de migration adoptée en 2014 pour venir en aide aux migrants.

Zaynab Dhimene

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