Le dialogue social dans l’impasse

Le dialogue entre le gouvernement et les centrales syndicales est au point mort. Sur les quatre syndicats les plus représentatifs, trois ont claqué la porte du nouveau round des négociations. Il s’agit de l’Union marocaine du travail (UMT) et de la Confédération démocratique du travail (CDT) qui ont quitté la réunion tenue avec le chef du gouvernement, vendredi dernier. L’Union marocaine des travailleurs n’a annoncé son retrait des négociations qu’à l’issue de la rencontre avec Saâd Eddine El Othmani.

Les syndicalistes dénoncent un dialogue à sens unique et l’intransigeance du chef de gouvernement à l’égard du cahier revendicatif. Ils s’attendaient notamment à l’annonce d’une nouvelle offre au moment de leur convocation à la rencontre de vendredi dernier. Saâd Eddine El Othmani n’est pas prêt à faire des concessions sur son offre qui consiste en la hausse des salaires étalée sur trois ans pour certaines catégories de fonctionnaires. Il l’avait d’ailleurs clairement affirmé devant les députés, en mai dernier. El Othmani avait souligné que «le gouvernement reste ouvert au dialogue pour discuter de son offre».

Le gouvernement propose, rappelons-le, d’augmenter les salaires de 200 DH dès le 1er janvier 2019 puis 100 DH en janvier 2020 et 100 DH en janvier 2021. Or, les centrales revendiquent une hausse générale des salaires aussi bien dans la fonction publique que dans le secteur privé, alors que le gouvernement préfère limiter la revalorisation des salaires à certaines catégories pour contenir le coût d’exécution du prochain accord tripartite dans une enveloppe de 6 milliards de DH.

D’autant que les revendications des syndicats ne s’arrêtent pas à l’augmentation généralisée des salaires ou à la revalorisation du SMIG, mais s’étendent également à la révision des impôts. Mais c’est surtout sur la hausse du SMIG sur la base d’un seuil minimum de 3.000 DH et l’augmentation de tous les salaires inférieurs à 5.000 DH que le dialogue bute. Pour le gouvernement, la facture de ces revendications serait insoutenable, préférant se focaliser sur d’autres dossiers d’ordre social qui ne concernent pas uniquement les fonctionnaires mais également les catégories les plus démunies.

En gros, les centrales syndicales veulent partir sur de nouvelles bases, estimant que la proposition du chef du gouvernement ne répond pas au minimum exigé. L’UMT  menace de ne pas retourner à la table des négociations tant que le gouvernement ne propose pas une nouvelle offre incluant ses revendications. Face à cette ambiance électrique, le chef du gouvernement veut calmer les ardeurs en constituant une commission composée de membres de l’Exécutif et de représentants du mouvement syndical pour examiner les propositions de chaque syndicat. Les résultats de ces négociations devraient être soumis à la commission nationale présidée le chef du gouvernement.

Hajar Benezha

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