Le sous-continent indien sous tensions…

La frappe «préventive» effectuée ce mardi par l’armée indienne contre un camp d’entraînement du groupe islamiste «Jaish-e-Mohammed» au Cachemire, proche d’Al-Qaïda, qui avait revendiqué l’attentat qui, le 14 février dernier, avait tué 41 paramilitaires dans la région indienne de Jammu-et-Cachemire a permis à New Delhi de tuer «un grand nombre de combattants» alors qu’ils s’apprêtaient à commettre de nouveaux attentats sur le sol indien.

«Au vu du danger imminent, une frappe préventive était devenue nécessaire» dira, ce mardi en guise de justification, un haut responsable de la diplomatie indienne lors d’une conférence de presse mais il n’évoquera pas le mode opératoire alors que la presse locale indienne a parlé, quant à elle, d’un bombardement du camp par plusieurs chasseurs Mirage 2000.

Le lendemain, Islamabad a annoncé, de son côté, avoir abattu deux avions indiens qui avaient violé son espace aérien, arrêté le pilote de l’un d’eux tombé au Cachemire pakistanais et promis de répondre «à l’heure et à l’endroit de son choix» à cette «agression intempestive».

L’Agence indienne PTI s’est contentée de signaler que des avions pakistanais qui avaient «brièvement» violé l’espace aérien indien, dans les secteurs de Poonch et Nowshera,  avaient immédiatement été repoussés. Dans leur fuite, ces derniers auraient largué quelques bombes.

Mais malgré la virulence des opérations menées de part et d’autre, les deux protagonistes font, tout de même, preuve  de leur souci profond d’éviter une « escalade » de la violence en faisant des déclarations allant dans le sens de l’apaisement. Et si Imran Khan, le Premier ministre du Pakistan, a donné l’ordre «aux forces armées et au peuple pakistanais d’être préparés à toutes les éventualités», un communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères dira qu’Islamabad qui ne veut pas entrer en guerre avec son grand voisin n’entend pas effectuer des «représailles » mais seulement faire valoir son «droit, (sa) volonté et (sa) capacité à l’auto-défense». En réponse, Sushma Swaraj, la ministre indienne des Affaires étrangères rappellera que les frappes du mardi 26 février «ne visaient pas d’installations militaires» appartenant au voisin pakistanais.

Mais bien que ces propos soient plutôt rassurants, la situation sur le terrain l’est beaucoup moins. Raison pour laquelle, le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a appelé les deux parties «à la retenue» et encouragé les ministres des Affaires étrangères des deux pays «à faire, de la communication directe, une priorité et à éviter de nouvelles activités militaires».

De leur coté, la Chine et l’Union européenne, craignant de voir un nouveau conflit éclater entre les deux pays, ont appelé ces derniers à la «plus grande retenue».

Et si, durant la journée de ce mercredi les forces aériennes pakistanaises ont effectué plusieurs bombardements en représailles à l’incursion effectuée la veille en territoire pakistanais par des Mirage 2000 indiens, le porte-parole de l’armée d’Islamabad a déclaré, tout de même, que «les chasseurs pakistanais avaient fait feu dans leur espace aérien sans faire d’incursion dans le ciel indien».

En considérant, enfin, qu’une dégradation des relations entre les deux puissances nucléaires du sous-continent indien – en perpétuel  affrontement depuis 1947 – risque de mettre la région à feu et à sang et de s’étendre bien au-delà plus vite qu’on ne le pense, il n’y a plus qu’à espérer que le bon sens finira par l’emporter pour le plus grand bien des peuples de la région et du monde. Alors, attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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