Les dysfonctionnements de l’ONSSA sur la sellette

Les constats sont juste alarmants et laissent grande la place à l’inquiétude et à la quasi absence d’une vraie politique de la sécurité sanitaire de la chaine alimentaire. L’ONSSA (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) a fait l’objet d’un rapport accablant suite à la mission de contrôle effectuée par les experts de la Cour des comptes de ce seul organisme étatique créé pour la préservation de la santé animale et végétale et la sécurité sanitaire de toute la chaine alimentaire. La rigueur de l’office varie selon qu’il s’agisse des produits destinés à l’export ou de ceux réservés au marché local…

La sécurité sanitaire de la chaine alimentaire et le contrôle des risques qui lui sont intimement liés sont défaillants. Le premier constat pointé du doigt par le département de Driss Jettou est celui de l’absence d’une véritable politique publique en la matière  ainsi que l’inadéquation des moyens humains de l’office avec ses missions officielles. Il en est de même pour le manque d’indépendance de l’ONSSA par rapport à la tutelle.

En fait, le rapport de la Cour des Comptes dresse une série de dysfonctionnements pour le moins préoccupants.  Il s’agit de la concentration de l’essentiel des contrôles sur la partie amont de la chaine de valeur à travers le seul octroi des autorisations et des agréments préalables pour le suivi du contrôle sanitaire.

D’ailleurs, un autre point de défaillance de gestion et de contrôle de l’Office renvoie clairement au contrôle insuffisant des produits alimentaires. Le rapport de la Cour des Comptes cite entre autres le faible contrôle sur les lieux de la restauration collective et l’absence de tout contrôle sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes destinés au marché national.

C’est plus que flagrant, les produits destinés au marché local sont hors contrôle en termes de traçabilité et de connaissance sur leurs contenus en résidus de pesticides. Contrairement, la rigueur des contrôles reste de mise dès qu’il s’agit des produits destinés à l’exportation, notamment ceux transitant obligatoirement par des stations de conditionnement) où le suivi des résidus pesticides est réalisé de manière stricte.

On dénonce également cette absence de contrôle sanitaire au niveau des marchés de gros de fruits et légumes et des produits contenant des OGM (organismes génétiquement modifiés) en dépit de tous les risques associés à l’utilisation des ces produits.

Les défaillances de l’office ne se limitent pas à l’insuffisance des contrôles, mais bien au delà à l’absence de pouvoir réglementaire lui permettant de prendre des sanctions administratives. L’office ne peut en aucun cas procéder à la fermeture d’une unité de production, mais peut juste procéder à la saisie des marchandises non conformes.

L’ONSSA est toujours incapable de réaliser correctement les contrôles appropriés des différents abattoirs et tueries des viandes rouges et des viandes blanches  ni aussi des nombreux centres de collecte de lait.

Le rapport de la Cour des Comptes pointe du doigt l’absence de contrôle sur les commerces de détail des produits pesticides à usage agricole hautement risqués pour la santé humaine. Il a été relevé aussi l’absence de contrôle par les services de l’ONSSA de l’activité de reconditionnement des pesticides à usage agricole.

Les défaillances sont multiples et d’autant inquiétantes quand il s’agit de l’insuffisance du système de veille épidémiologique  et de  loi spécifique sur l’élevage ou encore de l’absence de stratégie pour prétendre au statut «indemne» de certaines maladies réputées légalement contagieuses (MRLC) et de l’inefficacité du programme d’assainissement de la tuberculose bovine à travers le recours à l’abattage sanitaire  et des défaillances au niveau du processus d’identification et de traçabilité du cheptel.

Fairouz El Mouden

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