TPME

A défaut de permettre un accès direct à l’emploi, les établissements de formation préparent leurs lauréats, faute de mieux, à l’entreprenariat. Pédagogie de l’initiative, cette mobilisation pour une plus grande employabilité devrait faire diminuer le chômage des diplômés, véritable catastrophe qui gangrène la vie familiale. Encore faut-il que la TPME, (Très Petite et Moyenne Entreprise), soit bien stabilisée au sein de l’économie de notre beau pays.

De l’idée à la réalisation du projet, cela reste un parcours du combattant, au sens propre et au sens figuré du terme, devant les réalités socio-économiques et administratives du pays. La TPME reste handicapée par l’impossibilité d’accéder à une intelligence économique. La rareté des informations sur le monde économique dont l’organisation et le fonctionnement restent déterminés par le réseautage et les relations entre les personnes contribue à la faiblesse de sa compétitivité, inhibe son innovation voire menace son existence à plus ou moins brève échéance. A cela s’ajoute les difficultés financières, autant pour démarrer que pour durer. Le marché lui-même ne facilite pas la vie à la TPME, surtout à sa création. Les dispositions réglementaires pour accéder aux appels d’offres sont éliminatoires pour les TPMA nouvellement créées. Les TPME ne peuvent accéder facilement aux marchés publics et ne peuvent faire face à la difficulté inhérente aux marchés extérieurs. L’accompagnement et le financement dédiés, la couverture sociale, le volet fiscal adapté sont inscrits dans une dynamique qui tarde à s’enclencher pleinement pour que l’autoentreprenariat motive les jeunes, participe à la création des richesses et restructure l’informel.

C’est toujours une compétence issue du sérail de l’écosystème économique en place qui arrive à profiter de son intégration dans cette perspective, et pas toujours selon «un cercle vertueux». Pour réussir la TPME doit être en mesure de pouvoir maitriser le flou dans lequel se trouvent les conditions de la concurrence dans le contexte national, dans l’attente de la ressuscitation de son Conseil. De même que le retard apporté à la mise en œuvre de la régionalisation ne favorise pas l’essaimage des TPME et leur contribution à la réduction des inégalités sociales et spatiales dont souffre notre pays.

Dans un contexte où «ce qui était éprouvé défaille, ce qui était clair s’embrouille et ce qui était maîtrisé se rebelle» la TPME affronte des exigences structurelles non encore résolues auxquelles s’ajoutent les turbulences de la conjoncture.

Ainsi ; au moment où la demande des ménages semble se maintenir et que «des hausses notables des prix des produits alimentaires à prix volatils et des tarifs des produits réglementés» sont observées, Bank al Maghrib remarque que les délais de paiement intéressant principalement les TPME ont enregistré «globalement un léger allongement». Euphémisme pour dire que l’attente du règlement a encore augmenté plus qu’il n’en faut.  Notre pays est sur le podium mondial des mauvais payeurs. Cette problématique est une menace directe sur la viabilité de la TPME. Encore un problème avec le respect de la loi et sa mise en pratique ! L’applicabilité des textes réglementaires pose problème dans notre pays comme si l’arsenal juridique ne servait à rien. Doit-on rappeler que «l’importance pour nous n’est pas uniquement l’adoption des lois et leur publication au Bulletin officiel, mais aussi la mise en œuvre de ces législations…» dixit Sa Majesté le Roi.

Au lieu d’être privilégiée par le règlement de ce qui lui est dû dans des délais raisonnables, la TPME est sanctionnée dans ce cadre par tous, l’Etat en premier. Les discours ne pouvant servir ni à vêtir, ni à nourrir, ni à prémunir contre la maladie, ni à protéger contre les intempéries et ni à répondre aux besoins des familles; comment peuvent-ils prétendre encourager des structures économiques créatrices d’emploi ? Quelle relation avec la dette publique qui parait-il ne cesse d’augmenter? Déficits et dysfonctionnements; l’Etat budgétivore n’assume pas ses responsabilités vis-à-vis des entreprises et des établissements publics qui eux répercutent ce comportement dévoyé sur les petits des TPME ! étourdi celui qui voudra comprendre quelque chose à cela!

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