La consommation est inférieure de près de 40% à la moyenne mondiale

Avec 1,2 millions de têtes de vache, la production du lait au Maroc atteint 2,45 milliards de litres soit 90%des besoins du marché. Ces chiffres nous poussent à dresser un tableau panoramique du secteur de la production à la consommation.

Zoom sur le processus de production

Ce sont 400 000 producteurs dont 300 000 permanents et 100 000 saisonniers qui sont dérrière la prodcution du lait au Maroc. Ils sont localisés principalement dans les bassins côtiers du Maroc (Gharb, Doukkala, Chaouia, Souss massa…). C’est ce qui ressort au moins des derniers chiffres communiqués par la Fédération interprofessionnelle marocaine du lait (Fimalait).  Ainsi, avec 1,2 millions de têtes de vache, la production du lait au Maroc atteint 2,45 milliards de litres soit 90% des besoins du marché.Les petits agriculteurs, qui détiennent moins de 10 vaches, représentent 90% des élevages soit 70% de la production. Une part de 10 à 15% de la production est destinée à l’autoconsommation contre une part de 15 à 20% consacrée aux circuits informels par colportage, échappant à tout contrôle sanitaire. Le reliquat soit la part la plus importante dépassant 70% de la production est distribuée à 82 industriels laitiers opérant au Maroc à travers 2800 centres de collecte. Le lait collecté est transporté et transformé pour fabriquer le produit fini. Les coûts importants de la chaîne logistique supportés par les industriels afin de garantir la qualité du lait et sa salubrité. 86% de la production industrielle du lait est distribuée à 86% aux petits commerces, 8% aux grandes surfaces et 6% à la production.

La marques qui dominent le marché

Le secteur du lait au Maroc génère un chiffre d’affaires de près de 8 milliards de dirhams par an et assure le soutien de plus de 450.000 emplois permanents. Cinq entreprises génèrent plus de 75% du chiffre d’affaires total de l’industrie.

Crée en 1940, Centrale Danone se veut le leader marocain sur le marché des produits laitiers et dérivés avec55% des parts de marché. L’entreprise dispose de plus de 700 centres de collecte de lait à travers le Royaume collaborant ainsi avec presque 100 000 éleveurs, ce qui lui permet d’assurer une production annuelle de près de 500 000 tonnes de lait et de produits laitiers mis à la disposition du consommateur dans plus de 50 000 points de vente. Ainsi les camions de citernes de la centrale laitière sillonnent chaque jour six grandes zones de collecte : Tadla, Haouz, Doukkala, Chaouia, Gharb – Loukkos et Saiss – Zemmour afin d’acheminer le lait collecté aux 4 usines de production à savoir : Salé, El jadida, Meknès et FkihBen Saleh. La centrale laitière dispose aussi d’une solide force de vente à travers ses agences commerciales : Casa moulay Slimane, Casa moulay smaïl, Rabat, Salé, Meknès, Kénitra, Fès, Tétouan, Tanger, Khémissat, Oujda, Agadir, Marrakech, Safi, El jadida, Fkihbénsaleh, Souk larbâa.

La coopérative agricole de Taroudant (Copag) à travers sa marque Jaouda se veut le concurrent accru de Centrale Danone. La coopérative industrielle compte 60.000 vaches laitières. L’essentiel de la production du lait se fait à Taroudant, le reste est à Larache. Aujourd’hui, Copag est le deuxième producteur du marché, après Centrale Danone avec une part de 20%. Sa gamme compte une centaine de références-produits Jaouda (lait, yaourt, leben, beurre…).

Fondée en 2006 par le groupe familial Kettani, Safilait, est aujourd’hui troisième opérateur laitier marocain et détient environ 7% du marché du lait. Sa marque principale est Jibal. Les sociétés Colainord (5,8%), Best Milk (4,4%), Colaimo (3,2%) forment le peloton des suiveurs. Le reliquat qui reste sont partagés par de petits producteurs ou encore des entreprises d’importations/distributions.

Consommation et prix

Le marché marocain est dominé par le lait blanc, qui comporte plusieurs variétés : le lait UHT, le lait pasteurisé, le lait entier, écrémé, aromatisé, ou encore le lait concentré et le lait sec. Toutefois, la consommation au niveau du marché marocain reste dominée par le lait UHT et le lait pasteurisé. Pour le coût, on peut avancer que les prix des trois principaux opérateurs sont quasiment alignés. La dernière augmentation des prix a été initiée par Centrale Danone d’une moyenne de 6% sur les deux produits en 2013. Comme le veut la tradition dans les secteurs oligopolistiques, Copag et les autres Challengers de Centrale Laitière ont emboîté le pas à la décision du leader. L’explication générale des opérateurs de cette augmentation est liée à la volonté d’améliorer les revenus de l’amont agricole, les éleveurs étant étouffés financièrement. Ainsi, depuis 2013, le prix du lait pasteurisé est en moyenne de 7 DH/litre et alors que celui du lait UHT est en moyenne de 9 DH.

Malgré la diversité des produits, la consommation du lait au Maroc reste inférieure de près de 40% à la moyenne mondiale et aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à 70 litres/habitant/an. D’où, la nécessité d’accroitre la consommation par habitant de 29% au cours des prochaines années pour atteindre les recommandations de l’OMS.

Perspectives et ambitions

Ainsi, le secteur laitier ambitionne d’améliorer les conditions d’accès au lait et produits laitiers aux consommateurs pour atteindre 350 à 400 g/jour/personne en moyenne d’ici 2020. L’objectif aussi est de développer la productivité des éleveurs laitiers pour atteindre 4,5 milliards de litres de lait en 2020, soit une croissance annuelle de 15%. De même, les opérateurs visent une hausse du chiffre d’affaires de la filière aval pour atteindre 18 milliards de dirhams en 2020.

Kaoutar Khennach

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