Le«Masculinisme» débarquerait-il au Maroc?

Les Associations pour la défense des droits des hommes:

La violence, cette étiquette que l’on colle à l’homme jusqu’à lui devenir synonyme, a donc été à la base de la création d’associations qui, à l’image des celles défendant les droits des femmes, portent l’ambition de briser la glace et dévoiler le tabou lié à la violence des femmes, cette fois-ci, à l’égard des hommes.

C’est alors que depuis quelques années déjà, le Maroc a vu naitre quelques associations militant pour la défense des droits des hommes contre la violence des femmes. Une violence aussi bien morale que physique, comme en avait fait le témoignage tout récemment dans une sortie médiatique, Abdelfattah Bahjaji, président du Réseau marocain pour la défense des droits de l’Homme : «Ils ne sont pas moins de 21.500 hommes marocains à souffrir dans le silence de violences au sein de leurs foyers». Et d’ajouter : « J’ai reçu dans mon association 1 500 cas, dans la seule période allant d’octobre 2016 à fin avril 2017 ». Un nombre en pleine croissance après deux années seulement, en ce sens qu’en 2015, 3000 cas furent enregistrés ; dépassant l’année 2013, où le même réseau avait recensé plus de 2.100 cas de violence conjugale. Cela montre, d’une part, que la maltraitance féminine vis-à-vis de la gent masculine a crû, et explique d’autre part, cette volonté naissante des hommes à monter en créneau pour dévoiler ce dont ils n’ont jamais osé en parler pour des raisons liées, surtout, à leur image.

Faudra-t-il en conclure que les stéréotypes entravent tout le monde pour sortir du calvaire des sévisses ? Certainement ; les hommes maltraités avouent ne pas pouvoir se manifester par peur que leur réputation soit ternie et faire l’objet de quolibets, ou encore, par crainte de subir les fouets de la Justice après un divorce ; le prix à payer, faute de solvabilité du mari, étant certainement très lourd : homme incarcéré…famille basculant dans la précarité.

Créé le 29 février 2008, le Réseau en question s’est vu accompagné, au fur et à mesure que le phénomène se répandait, d’autres associations œuvrant pour la même cause, notamment à Marrakech et Tétouan et dernièrement à Meknès avec…

…l’«Association marocaine de la défense des droits des hommes contre l’agression des femmes»

Suivant la trame de ses prédécesseuses, cette association, créée le 18 juin 2017, aspire à lutter contre toutes formes de maltraitance et de violence auxquelles les hommes sont victimes. Contacté par Al Bayane, M. Fouad El Hamzi, président de l’association, se dit interdit devant ce phénomène de plus en plus répandue des hommes victimes de la violence des femmes. « Il est accablant de voir les hommes subir les fouets d’une violence dans un silence accablant » martèle-t-il. Et d’ajouter : «Il est temps pour les hommes de se manifester contre les inégalités dont ils sont sujets». Selon ses propos, il paraîtrait que la situation des hommes au Maroc n’est pas si saine, comme le prétendrait une bonne majorité de la société. Le sexe masculin est aussi bien souffrant que le sexe féminin. Une position que partage le vice-président de cette association fraîchement née, M. Ahmed Saleh, qui nous a confirmé son soutien à cette initiative qui vient renforcer les efforts déployés par les associations prédécesseuses. M. Saleh ne s’est d’ailleurs pas empêché d’attirer l’attention sur les failles que contient le «Code de la famille » marocain dont «les dispositions suscitent une révision sérieuse et profonde pour favoriser l’égalité et l’équité de manière effective». C’est alors que, dans le même sens d’idées, les propos de M. El Hamzi viennent appuyer cette requête : «Nous opérons de nos jours plusieurs dépassements de la part d’un grand nombre de femmes qui profitent des failles de la «Moudawana» pour bénéficier de ce dont elles ne devraient pas, selon une Loi logique, bénéficier !».

La «Moudawana» : les mentalités ont évolué…les taux de divorce aussi!

«Une loi timide est ordinairement une mauvaise loi». C’est du moins ce que pensait l’écrivain et journaliste Louis-Sébastien Mercier. La fermeté est bel et bien le noyau que toute loi doit avoir. Autrement, ses défaillances la rendent facultative ou, pire encore, une arme entre les mains de la «ruse».

Il n’échappera à personne que le taux de divorce au Maroc a atteint un degré alarmant. Sitôt le discours sur la liberté et la modernité a pris de l’ampleur au royaume, notamment avec les courants féministes dont le tissu associatif s’est heureusement bien répandu dans le pays, les phénomènes de la dislocation des liens familiaux, de la dissolution de ces dernières puis du divorce sont devenus de plus en plus apparents, jusqu’à la banalisation.

À première vue, la plus légère soit-elle, que cette simplification des faits n’est devenue prégnante qu’à partir de l’année 2004, année de promulgation – après révision – du « Droit de la Famille », codifié pour la première fois, en 1958, sous le règne du roi Mohamed V.

Une réalité que les chiffres critiques sur le taux de divorce, ne manquent pas, à diverses occasions, de démontrer. A titre d’exemple, et comme le souligne le rapport publié par le site «Russia Alan» sur l’évolution des divorces dans le monde arabe effectué il y déjà une année (juin 2016), le divorce au Maroc tape la porte de cinq ménages par heure ! Mettant ainsi le Maroc sixième du classement dans le monde arabe. Et les statistiques ne manquent pour justifier ce fléau.

Cela dit, il serait judicieux de remarquer que l’objectif d’asseoir la concertation et la culture du partage égalitaire et équitable des responsabilités entre les couples marocains par la Moudawana a été vouée à l’échec.

Car si à l’issue de l’étude effectuée par le ministère de la Famille et de la Femme, après une décennie de l’application de la Moudawana, les mentalités ont beaucoup évolué…paradoxalement, le taux de divorce l’a aussi été !

No MAN no cry… le masculinisme serait en marche

Les larmes sont souvent l’outil de prédilection d’une littérature féminine en quête de liberté. Dans le langage psychosociologique, les larmes le processus de victimisation est le résultat des « larmes », permettant ainsi à la femme de justifier les maux d’une phallocratie engendrée par un machisme insensé socialement et injustifiée historiquement, selon quelques théories du féminisme radical.

«Ces mêmes arguments, tenus depuis les prémisses (débuts) du mouvement féministe marocain dans les années 40, sont toujours monnaie courante pour s’accaparer, au nom de l’égalité et l’équité, du maximum de droits, voire d’en créer de nouveaux», s’exclame une chercheuse en sociologie du Genre dans une Université marocaine, qui préfère garder l’anonymat. Et d’ajouter : «La Moudawana a favorisé le processus de victimisation qu’un nombre grandissant de femmes utilisent à mauvaise escient pour bénéficier d’une bonne somme d’argent, ou, le cas échéant, de voir leur mari en taule !».

Ce discours, trop fort d’une femme à l’égard des femmes, reflète une tendance que l’on opère surtout chez les nouveaux couples qui abondent les tribunaux après quelques années ou mois seulement du mariage. «On dirait que les divorces, souvent demandés par les femmes, se font avec la joie des mariages !», ironise un avocat au barreau de Casablanca.

C’est alors, que ce «fait», cette «réalité», nous renvoie à la dislocation des familles qu’a pu engendrer la Moudawana. Cette dernière incitant les femmes à user de plus d’une tour pour bénéficier d’une somme qu’elle négocie selon les conditions, mais aussi…selon l’humeur.

C’est dans ce sens que le «masculinisme» serait à la base venu en Occident, tout d’abord ; pour revendiquer les dépassements d’une revendication féminine en quête, non seulement de ses droits, mais de pouvoir.

Par ailleurs, il paraît que le Maroc, à l’image des pays occidentaux (Canada, France…) d’où il a tiré le «féminisme» pour le calquer au modèle marocain, s’apprêterait à accueillir ce phénomène sociologique qu’est le «masculinisme». Car en fin de compte, les pleurs des hommes sont bel et bien existants.

Ahmed Mesk

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