Le 4e FIESAD rend hommage à Abdelouahed Ouzri

6 jours de fête, de spectacles, d’ateliers et  d’échange… Le 4e Festival international des écoles supérieures d’art Dramatique (FIESAD) a fait  vibrer la ville de Rabat  depuis 30 novembre dernier. En effet, cette 4ème édition dont la clôture a eu lieu  mercredi soir à Rabat au théâtre National Mohammed V, a dévoilé au public de nouveaux talents, de nouvelles formations et expériences théâtrales venues des quatre coins du monde. Organisé par l’Association Issil pour le théâtre et l’animation culturelle, le FIESAD continue à tracer, sereinement, son cheminent sur la carte des événements théâtraux marocains, magrébins et internationaux.

Après une semaine de compétition et de découverte,  la cérémonie de clôture qui  a  été marquée par la présence d’une belle poignée de jeunes artistes, des étudiants, de professeurs et de professionnels du métier a dévoilé non seulement les prix de cette édition, elle a montré la richesse et la diversité de cette manifestation artistique.  «Le ministère a donné depuis les années 80 une importance particulière à la formation avec la création de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC», explique le ministre de la Culture et de la Communication, Mohammed Laaraj, lors de son mot inaugural. Grâce à ce festival, explique-t-il,  le Maroc est devenu est une plate forme en matière de la formation et de la promotion  du théâtre.  «Ce forum qui vise à faire connaitre d’autres expériences théâtrales, il  permet aussi  aux jeunes artistes de différents  pays de s’exprimer  et révéler leurs talents sur la terre marocaine», a-t-il ajouté. Said Ait Bajja, directeur du FIESAD,  s’est réjouit de la réussite de cet événement et ses retombées bénéfiques sur l’action théâtrale nationale.

«Dans ce festival,  plusieurs écoles d’art dramatique et des expériences  théâtrales de différents pays ont fait l’événement. Elles ont contribué en effet  à l’enrichissement des regards croisés sur le théâtre et la pratique théâtrale dans le monde», nous a confié le directeur du FIESAD.   Par ailleurs, le vibrant hommage rendu à l’écrivain Abdelouahed Ouzri fut un moment fort de la soirée, mais encore du festival.  Cette manifestation, explique son accompagnante de route, Touria Jabrane,  est l’un des événements qui fêtent le théâtre et ses figures emblématiques. Cette initiative, a-t-elle ajouté, est plus qu’un hommage aux compétences et cadres qui ont  créés l’ISADAC, mais aussi un hommage à moi-même et l’expérience de Masrah Alyaoum. «Abdelouahed a été habité par cette idée de la formation des générations en se basant sur les différentes théories sans rompre le lien avec les pionniers et le passé du théâtre national»,a-t-elle affirmé.  Selon Touria Jabrane, Ouzri  est également un homme qui croit à la vie, au théâtre et à l’art.

«On a partagé tant  de gloires et de défaites. Et l’homme était toujours fidèle au théâtre et à ses convictions», conclut-elle.   De sa part, Idriss Idrissi na pas caché son engouement et ses émotions envers  Abdelouahed Ouzri. «Je le connais depuis 30 ans. L’expérience  d’Ouzri  a injecté un nouveau sang dans les veines du théâtre marocain professionnel dans un moment où les planches marocaines connaissaient une régression», a-t-il dit. Le nom d’Abdelouahed Ouzri, explique le dramaturge et critique de théâtre Lahoucine Echaabi, est lié à Touria Jabrane et Masrah Alyaoum. «C’est un homme qui côtoyé des artistes et des personnalités de différentes générations. Un artiste intellectuel et prolifique qui est  à la recherche du sens et de la signification tout en abordant plusieurs thèmes et questions d’actualité. C’est un ingénieur de la culture qui a laissé une touche dans la création des troupes et dans la gestion culturelle» a-t-il indiqué.

Ils ont dit…

Claire Lasne Darcueil, dirigeante Conservatoire national supérieur d’art dramatique

«J’étais passionnée par ce festival. C’est une chose extraordinaire ce qu’ils ont réussi à  faire en mélangeant  autant  de pays, de trouver les moyens pour faire venir toutes ces troupes. C’est une chose importante. En effet j’ai beaucoup d’admiration pour ces anciens élèves de l’ISADAC qui prennent le relais et qui  continuent l’histoire du  théâtre au Maroc avec une vraie énergie et une vraie liberté. J’étais aussi  émue par la création du  réseau africain.   J’espère que ce denier se connectera de manière officielle avec  le réseau européen auquel j’appartiens».

Moulay Ahmed Badry, président du Jury de cette édition

«Au bout de quatre années d’expérience, le festival s’est effectivement élargit et s’est intensifie.  Par ailleurs, il a commencé à organiser des activités en rapport avec la création théâtrale. Ainsi,  concernant  la programmation, nous avons apprécié l’ouverture et  l’enrichissement qu’apportent un certains nombres de pays appartenant  à des cultures théâtrales différentes. En outre, la chose qui me semble être au centre de tout cela, c’est la confrontation des méthodes de formations au niveau des écoles. Ce festival, notamment cette 4ème édition, comme la précédente, mais avec un peu plus d’intensité, a permis  de confronter des méthodes, des conceptions de formations théâtrales totalement divergentes. Or, pour le jury que j’ai eu  l’honneur présidé, nous étions en face d’un bel ensemble, très divers, mais aussi complexe à cerner au niveau de l’évaluation  parce qu’il nous a fallu à la fois respecter les spécificités locales, les enracinements des expressions théâtrales dans leurs cultures divergentes pour  ne pas ramener ça à un seul modèle, mais c’est  également essayer d’identifier ce qui  constitue la spécificité de l’expression théâtrale».

Rachid Mountasar, directeur l’ISADAC

«Je pense que l’apport de ce festival  est plus que évident. D’abord ça permet de faire voir, montrer des expériences théâtrales de jeunes étudiants des écoles d’art dramatique, avec des écoles très différentes, avec des styles de jeunes très différents, avec des  philosophies  en rapport au théâtre qui  sont  très différents. Et cela ne peut être que très bénéfique pour les compagnies théâtrales professionnelles ou amatrices. Pour ce qui  est  du volet  de la formation,  cette année il y a eu  l’organisation d’ateliers qui  sont destinés aux professionnels du métier  et qui  sont  affilés  au Syndicat national  des professionnels du  théâtre.

Cette initiative est une  très belle ouverture que ça soit mené par le Syndicat, les adhérents ou encore par les professionnels afin de garantir la formation continue. Ainsi,  les choses que nous avons l’habitude de voir, c’est des spectacles, mais aussi  les ateliers qui  accompagnent  les activités  et qui sont en marge du festival. Cette année, il y a eu  un plus c’est à  dire on a essayé de faire bénéficier les étudiants de l’ISADAC, chose qui n’est  pas été facile, mais on a essayé de les répartir  sur les différents stages sachant  qu’il y a des étudiants qui  viennent de l’étranger et qui  aimaient bénéficier de ces stages. Je pense que nous avons trouvé une solution moyenne.

Il y a aussi un autre point qui  est  très intéressant, c’est le colloque dont la thématique extrêmement importante puisqu’il s’agissait de se poser la question du : «pourquoi doit-on enseigner les arts dans nos écoles, dans nos lycées  et universités». Les actes de ce colloque seront publiés. Je pense que c’est une contribution à la réflexion et aussi ça va aider les décideurs politiques à  activer certains projets qui sont en marche entre autres le nouveau concept des universités dans lesquelles il y a à la fois : arts, lettres et communication».

Propos recueillis par M.N.Y

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