Benabdellah : Le plan «Tajaddor» du PPS accorde à l’économie sociale et solidaire tout l’intérêt qu’elle mérite

Le Parti du progrès et du socialisme accorde un intérêt particulier à l’économie sociale et solidaire dans son plan Tajaddor, visant à la reconstruction du parti sur des bases et structures mieux ancrées et plus enracinées dans la réalité aux niveaux local et régional, a affirmé le secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdellah, également ministre de l’habitat et de la politique de la ville.

  Intervenant lors d’un colloque, organisé vendredi au siège national du parti à Rabat, à l’initiative du PPS et du Forum parti Parité et égalité (FPE), sous le thème «l’économie sociale et solidaire, levier de la promotion économique des femmes», à l’occasion de la journée internationale des femmes, Benabdallah a souligné l’importance qu’accorde désormais le parti du Livre à ce secteur, qui connait un développement sans précédent, en particulier depuis le lancement de l’INDH (initiative nationale pour le développement humain).

La rencontre d’aujourd’hui est la deuxième du genre que le PPS consacre cette année à l’économie sociale et solidaire, a-t-il rappelé, notant que les coopératives, associations et mutuelles  qui s’activent dans le secteur, en particulier celles des femmes attendent des mesures plus concrètes et des soutiens de tout genre pour développer davantage leurs activités.

Il a toutefois estimé nécessaire d’approfondir le débat et la réflexion autour des thématiques qui préoccupent les acteurs du secteur en particulier dans les domaines fiscal et financier et d’autres questions qui entravent leurs activités.

Au PPS, le secteur jouit désormais d’un intérêt accru et son expansion cadre parfaitement avec les objectifs qui motivent le combat des militants du parti pour assurer au pays et à tous les citoyens davantage de droits, de démocratie et de  dignité, à travers la formation d’un gouvernement homogène, des partis politiques souverains et d’institutions crédibles, sans oublier évidement le volet social portant notamment sur le développement de l’économie sociale et solidaire, dont les activités sont génératrices de revenus et de postes d’emploi.

Ce faisant, l’économie sociale et solidaire contribue aussi à la concrétisation d’une grande partie des dispositions avancées de la Constitution de 2011 visant notamment à assurer aux femmes leur dignité et leur autonomie, selon Benabdellah.

Le développement des activités sociales et solidaires se situent à l’opposé des actions de bienfaisance. Elles aident les femmes qui s’y impliquent à se prendre en charge, à être plus indépendantes et à ne plus être assistées par quelqu’un d’autres. Ce faisant, elles développent, à travers leur engagement dans le secteur de leur choix, leurs capacités, mais aussi leurs revenus, selon le SG du PPS, qui n’a pas manqué de souligner la nécessité pour le prochain gouvernement d’accorder au secteur la place qu’il mérite et d’oeuvrer pour mettre fin aux obstacles qui entravent son développement aux niveaux fiscal, financier et autre. Il est temps de faciliter aux différents acteurs du secteur l’accès aux crédits et de les motiver par diverses incitations à caractère fiscal, a-t-il relevé.

Et Benabdellah de rappeler que l’égalité homme-femme, dont toutes les forces progressistes et démocratiques rêvent, ne peut devenir réalité sans autonomisation et indépendance de la femme, qui doit occuper la place qui lui revient dans la société.

Sbai : le PPS, première force à avoir accordé à la femme l’importance qu’elle mérite

A l’ouverture de cette rencontre, la présidente du FPE, Fatima Sbai, qui en présidait les travaux, a souligné que le PPS a été la première force du pays à avoir accordé à la promotion de la femme une grande place dans son combat et ce à un moment où d’autres forces avaient honte de parler de la femme en public.

Après donc plus de 70 ans de lutte, le PPS ne peut que se féliciter des progrès réalisés au profit de la femme aux niveaux économiques, social et culturel, a-t-elle dit, tout en rendant un vibrant hommage à SM le Roi Mohammed VI pour avoir donné au dossier de la femme marocaine l’intérêt requis. C’est ainsi que le Souverain a lancé à la mi-mars la 9ème édition de la campagne nationale de solidarité sous le thème « le soutien des coopératives féminines, pour une production sociale et solidaire durable », dans le but d’accompagner et de soutenir les activités des acteurs et actrices du secteur.

Elle a toutefois fait remarquer qu’il reste beaucoup à faire pour venir à bout des obstacles qui empêchent les femmes marocaines d’accéder à la place qui leur revient en luttant non seulement contre les insuffisances juridiques mais surtout contre les stéréotypes et autres considérations et croyances « culturelles » dévalorisantes pour la femme. Il est nécessaire aussi de mettre fin à la marginalisation économique et sociale de la femme à travers notamment une mise en œuvre correcte des dispositions de la Constitution de 2011 relatives à l’égalité homme-femme pour permettre à la femme de contribuer de manière performante au développement du pays.

La ministre Fatima Marouan : des réalisations importantes du gouvernement au profit des coopératives féminines

Pour sa part, la ministre de l’artisanat, de l’économie sociale et solidaire, Fatima Marouan, est revenue en détail sur le bilan de son département, précisant que le nombre des coopératives féminines s’élèves aujourd’hui à 3000 unités comprenant 50000 femmes, actives dans les secteurs artisanal, agricole et produits de terroir.

Elle a fait également état d’une série d’initiatives de son département pour encourager les coopératives dans les domaines agricole et artisanal, aux termes de conventions signées avec les départements concernés et à travers la création des maisons de l’artisane en milieu rural au profit surtout des coopératives. 71 maisons d’artisane ont vu le jour et 41 autres sont en cours de création au profit de quelque 5000 artisanes actives dans le domaine du tissage, de la broderie et de la couture.

Elle a évoqué aussi les réalisations juridiques au profit du secteur dont l’adoption de l’amendement de la loi 112.12 et l’élaboration d’un projet de loi cadre N°65.16, introduit dans le circuit d’adoption.

La ministre a rappelé de même les efforts déployés pour aider à la commercialisation des produits des coopératives à travers leur participation dans les foires et expositions nationales et régionales et dans les souks ambulants.

C’est ainsi qu’il a été procédé, a-t-elle dit, à l’ouverture de cinq marchés solidaires à Casablanca, Mohammedia, Fès, Larache et Agadir avec la participation de 500 coopératives dont 70 pc sont féminines.

Des efforts similaires sont également déployés en matière de formation pour améliorer les capacités des coopératives dans les domaines de la comptabilité et de la commercialisation et dont quelque 2100 personnes ont bénéficié (62 pc des femmes).

Et la ministre Fatima Marouan de souligner avec «fierté»  qu’elle «trouve beaucoup de plaisir dans son travail» de traitement  des activités des femmes des coopératives, rendant un vibrant hommage à la femme marocaine dans la montagne, la campagne et dans les quartiers périphériques marginalisés pour ses réalisations qui honorent toutes les femmes marocaines.

A l’issue de ces interventions, les participants ont suivi un exposé de l’universitaire Fatima Lamharrar sur les problèmes de financement et de commercialisation et une série de témoignages sur des expériences réussies de femmes dans le secteur. Un riche débat s’en est suivi et plusieurs certificats de mérite ont été distribués aux participantes à une exposition de coopératives dans le hall du siège national du PPS.

Cette rencontre a réuni un  grand nombre de femmes actives dans le domaine, des militantes et militants du PPS ainsi que de femmes parlementaires issues d’autres partis politiques nationaux.

M’barek Tafsi

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