Quand le prix de l’oignon fait réagir le gouvernement!

Ce n’est pas nouveau! Le prix de l’oignon affiche chaque année une hausse démesurée en cette période de l’année (mars-mai) et cette flambée des prix n’a pourtant jamais fait l’objet d’une quelconque réaction de la part du ministre de l’agriculture ni du gouvernement.

Ramadan ou pas, la situation interpelle sur l’inefficacité de la politique agricole et les défaillances des conditions de stockage et des mécanismes de contrôle des prix tout au long de l’année et non de manière ponctuelle et périodique coïncidant avec le mois sacré du Ramadan et de la fête du mouton…

En attendant le retour à la normale, la tension sur le prix de l’oignon et de nombreux autres produits alimentaires n’est pas prête de s’estomper. Actuellement, le prix de l’oignon varie entre 10 dirhams le kilo pour la variété sec et 6 dirhams pour l’oignon frais. Ce renchérissement des prix intervient à un moment où la qualité de l’oignon laisse beaucoup à désirer. Ce qui met à nu la problématique des structures de stockage et de conditionnement des produits agricoles.

Dans un communiqué,  Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, explique la hausse des prix de l’oignon par plusieurs facteurs, notamment le déséquilibre entre l’offre et la demande durant ce mois sacré. Le décalage entre les périodes de production et les mauvaises conditions climatiques sont également à l’origine de la tension sur les prix de l’oignon.

Il rappelle que la culture de l’oignon frais touche à sa fin en cette période du mois de mai et coïncide en même temps avec la fin de la commercialisation et du stockage de l’oignon sec de la précédente récolte et le lancement de la nouvelle campagne de production.  Selon le ministre, «la culture de l’oignon d’hiver (frais) est pratiquée essentiellement dans les zones pluviales (Bour) impactées négativement par les faibles pluies, notamment durant les mois de janvier et février». La sécheresse a agi défavorablement sur les régions de Doukkala et du Saiss et Zaer, et a entrainé la baisse de plus de 33% de la production nationale de ce produit.

Néanmoins, lier la hausse des prix de l’oignon ou des autres produits alimentaires ces derniers jours au seul mois de ramadan qui se distingue par une forte demande est dénué de tout fondement. La poussée inflationniste s’est installée et devrait perdurer encore longtemps face à un système qui souffre de l’absence de contrôles des prix et des circuits de commercialisation.

Fairouz El Mouden

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